Chaque année à la même époque, la nature devient un théâtre à ciel ouvert ou se joue ce grand opéra du brame du cerf mêlé à la symphonie des teintes magnifiques délicates et fugitives de l'automne.

Ces grands animaux sauvages se sont implantés progressivement dans ces bois taillis et futaies qui ceinturent notre commune [1]. Seuls ces grands espaces pouvaient leur offrir le refuge nécessaire et une nourriture suffisante pour leur subsistance.

 

A la beauté du cerf il fallait bien un cadre grandiose et à ces bois un hôte prestigieux.

 

Les cerfs sont des animaux qui vivent en groupe la plus grande partie de l'année. Les femelles et leurs petits d'un côté, les mâles d'un autre.

Pendant la période de reproduction ce système de vie grégaire s'arrête, au début de l'automne, c'est la période du brame qui consacre l'éclatement de l'ordre social [2].

Le brame représente à la fois le cri du cerf et la période de rut.

A l'approche de cette période, l'animal a subi une transformation profonde: ses bois ont gagné en beauté et sont acérés, du poil a poussé principalement autour de son cou qui s'est musclé doublant de volume [2]. Son attitude a changé: il est plus fier, orgueilleux, agressif, préoccupé et parfois dangereux [3].

 

Les mâles les plus âgés en tête, ils s'approprient un territoire (parcelle nuptiale) ou ils vont essayer d'attirer le plus grand nombre de biches. Pour protéger ce territoire le cerf brame. Le brame du cerf impressionne, fascine car c'est un chant d'amour à la fois puissant et mystérieux se limitant presque exclusivement à la nuit.

Et ce cri de défi rauque et profond mais aussi mélodieux résonne en écho traversant collines boisées, vallons et gorges escarpées. 

Pour préserver sa place de brame, le cerf n'hésite pas à défier en duel celui qui conteste sa suprématie. Les combats sont ritualisés: parades, intimidations et chocs bois contre bois vont déterminer le vainqueur. Le vaincu peut en sortir avec ses bois cassés, des plaies béantes ou même en mourir.

Quelquefois les deux combattants peuvent rester coincés, bois entremêlés, et mourir tous les deux d'épuisement.

La période du brame est très éprouvante physiquement pour le cerf. Il mange très peu, et les combats, accouplements et phases de vigilance constante peuvent lui faire perdre une bonne vingtaine de kilos.

 

Le brame est maintenant terminé, le cerf épuisé mettra plusieurs semaines à récupérer. Puis il repartira au plus profond des bois, descendant, solitaire ou en compagnie d'autres mâles, dans les gorges obscures et encaissées du Doustre.

Observation du cerf pendant le brame [5]

 

Pendant cette période le cerf accaparé par tous ses problèmes est moins méfiant, il perd souvent toute prudence. Il est donc plus facile de l'approcher. Il faut toutefois veiller à ne pas le déranger, ce qui pourrait perturber la reproduction.

La meilleure méthode consiste à préparer un affut, par pleine lune de préférence, pour permettre de belles observations visuelles.

On pourra se munir de jumelles à forte luminosité (fort  diamètre des lentilles) ou mieux de jumelles de vision nocturne.

Sources et Bibliographie

[1]     A la fin des années 50, la Fédération des chasseurs de la Corrèze en accord avec les élus et le Préfet décide d’introduire dans le département une douzaine de cerfs et de biches provenant de la réserve du parc de Chambord. 3 communes de Haute Corrèze furent choisies : Marcillac-la-Croisille, Palisse et Saint-Angel. 50 ans plus tard, le nombre d’individus est estimé à environ 3000 animaux répartis sur plus de 70 communes. Source: Observatoire du Cerf de Gros-Chastang.

[2]     Le clan des cerfs, Jean-Pierre Verhoeven, Editions du Perron 2003

[3]     Cerf qui es-tu, Georges Hallo, Editions Crepin-Leblond 1997

[4]     Cri du brame (clic sur photo Neil Phillips) extrait du site internet www.marchelibre.be

[5]     A l'automne 2009, deux observatoires du cerf, pendant la période du brame, ont été créés à l’initiative de la Communauté de communes du Doustre et du Plateau des Étangs. Ils sont situés sur la commune de Gros-Chastang et reliés entre eux par un circuit pédestre balisé de 7.5 km et doté de panneaux d’informations. Des animations sont également assurées par la fédération de chasse de la Corrèze avec des soirées écoute du brame et présentation de diapositives.

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Cerf photographié à l'aube après un combat victorieux (Brame 2003)

Cliquez sur l'image pour écouter le brame [4]

Le choix de l’emplacement de cet affut devra être effectué sur une place de brame repérée à l’avance par exemple non loin d’une souille dans laquelle les cerfs aiment à se vautrer pendant cette période. Avant de se positionner il faudra faire très attention au vent, car, avant de sortir à découvert, les cerfs passent de longs moments à observer les alentours, sentir et longer les lisières de bois en attendant la nuit. Il faudra se placer à contre vent, et ensuite écouter, attendre, se déplacer imperceptiblement puis se faire oublier.

Et la récompense viendra... un jour.

Le regard inquiet et mystérieux du grand cerf solitaire (Brame 2009)

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Cerf bramant (Florian Möller-Wild wonders)

Cerf trottinant  (Florian Möller-Wild wonders)

Combat de deux cerfs