Le Doustre, milieu vivant d’une grande diversité et parfois d’une beauté sauvage, d'abord ruisseau paisible puis rivière tourmentée, s’étire sur quelques 52 km.

Il prend naissance sur les contreforts du plateau de Millevaches (”les Mille Sources”) entre le Puy Chaumont et le Puy Faux à 700 m d’altitude sur la commune de Rosiers-d’Egletons.

Il dévale alors du plateau, traverse les paysages variés de 16 communes [1], serpentant tantôt à travers des fonds plats et limpides, tantôt au milieu de gros rochers aux formes arrondies, avant de s’enfoncer dans des gorges profondes et escarpées, offrant parfois un panorama unique par-delà le barrage de la Valette qui bouleversa le cours de son histoire. 

Le Doustre à Saint-Pardoux

Sources et Bibliographie

[1]     Site Internet SANDRE: Cours d'eau français: Le Doustre

[2]     Video VHS: Le Doustre, une rivière, une histoire: "La Dordogne en Gabares" et Gilles Chavant

[3]     Site internet DelNogier: Le vieux moulin du Noger par Jean-Philippe Miginiac, 1992

[4]     Le canton de La Roche-Canillac en Corrèze: Francis Ducreux, Editions Artelia

[5]    Société Scientifique Historique et archéologique de la Corrèze: "La vallée du Vignon" Marguerite et Michel GUELY - 2005

[6]     Site internet: Etangs et moulins de Corrèze

[7]    Rapport N° 501: ZNIEFF (Zones Naturelles d'intérêt Ecologique Faunistique et Floristique

Vestiges d'un pont noyé dans le lac du barrage (Février 2010).

Son cours est alimenté par 25 petits affluents dont les principaux sont le ruisseau de Gane Chaloup long de 10 km, le ruisseau de l’étang de Bourre (9.1 km) et le ruisseau de Gagnoux (8 km) [1].

Le Doustre se jette dans la Dordogne sur la commune de Saint-Martial-Entraygues au pied du château du Gibanel et face au petit hameau du Doustret.

C’est à partir de là, à la fin de sa course, qu’il va enfin pouvoir prendre ses aises, se faire plus indolent et se laisser guider jusqu’au large.

Les rivières qui façonnent et habillent les paysages qu'elles traversent, ont toujours été, depuis la nuit des temps, sources de rencontres et d’échanges entre les hommes. Le Doustre n’y fait pas exception.

A Saint-Pardoux, tous les premiers dimanche de Mai, les paroissiens se regoupaient puis descendaient en procession sur le bord du Doustre  rejoindre la fontaine Saint-Eutrope qui possédait des vertues miraculeuses en particulier celle de guérir les éclopés.

Aujourd’hui vallée sauvage, elle fut naguère le théâtre d’une activité intense qui vit naitre quantité de moulins et se développer une longue tradition de l’énergie hydraulique héritée de la vallée voisine de la Dordogne.

Comment ne pas évoquer avec nostalgie ces moulins pour la plupart disparus, en ruines ou noyés sous les eaux [2] : le moulin Chassagnard, le moulin de Jaloux (ou du Noger) [3], le moulin des Gouttes, le moulin de Pebeyre, le moulin de Sagne (ou de Theillet), les moulins du Gaud, le moulin de Larchat ou le moulin Gival.

Ces moulins servaient à produire diverses farines en particulier de seigle et de sarrasin. Certains d’entre eux comme les moulins du Gaud à Gumond, produisirent de l’électricité à l’aide d’une dynamo pendant et après la seconde guerre mondiale [4].

C’est grâce aux abbayes que les moulins se développèrent au moyen âge. Après les moines de Tulle vers la fin du Xe siècle qui ont probablement conçu et fait construire nombre de moulins [5], ce sont les seigneurs féodaux au début du XIe siècle qui s’arrogèrent les droits que les abbayes détenaient pour se partager les rentes des villages. Après la guerre de cent ans il a fallu restaurer bon nombre d’entre eux avant que ne se forment du XVIe au XVIIIe siècle des dynasties de meuniers qui devinrent bourgeois et même sieurs de quelques domaines [5].

Après la révolution qui fit disparaitre les servitudes féodales, les moulins devinrent la propriété de la bourgeoisie [5]. Puis ce sont les meuniers eux-mêmes qui rachetèrent les moulins. Ils connurent alors une vie difficile au cours du XIXe siècle face principalement à la concurrence des minoteries. Les boulangers préférant la farine blanche et fine des minoteries à celle plus grossière des moulins. C’est Alphonse Daudet dans Les lettres de mon moulin (1866) qui décrivait avec beaucoup d’émotion et de nostalgie la fin du moulin de maitre Cornille rendu comme fou par l’installation des minoteries.

Les moulins souffrirent aussi de l’arrivée de la machine à vapeur et de l’électricité vers la fin du XIXe siècle.

Au début du XXe siècle, on dénombrait 660 moulins dans le pays de Tulle [6], il n’en resterait qu’une cinquantaine aujourd'hui. Même si les moulins ont bien fonctionné pendant les guerres, leur situation s’est peu à peu dégradée et ils durent progressivement cesser toute activité.

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Le moulin des Gouttes

 
 

La construction du barrage de la Valette sur le Doustre, après la seconde guerre mondiale, fit disparaître 4 moulins mais aussi 8 ponts, et le petit village de Charles-Bas, bouleversant la vie des populations qui croyaient néanmoins aux bienfaits du progrès technique et au confort qu’il pourrait leur apporter.

Les eaux du Doustre rassemblées dans le lac de retenue, dégringolent depuis lors d’une hauteur de 50 m pour reprendre leur cours, affaiblies, au pied du barrage, s’enfonçant dans des gorges escarpées riches d’une faune et d’une flore d’espèces protégées d’une rare diversité.

La vallée accueille de nombreux oiseaux comme le cincle plongeur et de nombreux rapaces [7]: circaète Jean-le-Blanc, milan noir, milan royal, bondrée apivore, épervier d'Europe. Sa tranquillité et ses grands espaces ont permis à certaines espèces discrètes comme la genette et la loutre d’Europe de s’y installer [7]. D’autres espèces également protégées y ont trouvé refuge comme la couleuvre coronelle lisse et le sonneur à ventre jaune [7].

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La fontaine Saint-Eutrope sur le bord du Doustre

 
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Circaète Jean-le-Blanc

Bondrée Apivore

Sans oublier les truites Fario d’une saveur sans égale qui firent la joie des repas de notre enfance, mais qui malheureusement ont vu leur population sensiblement diminuer pendant ces trente dernières années, victime de la dégradation de la qualité des eaux de la rivière.

Les versants encaissés de la vallée, regorgent d’essences d’arbres très variées, mêlées les unes aux autres, et parfois interrompus par des affleurements rocheux. Des chênaies et des hêtraies, principalement, se disputent l’espace qu’elles partagent avec d’autres espèces protégées comme l'Asplénium du Forez ou l'Orpin hérissé [7] mais aussi la Fougère de hêtres, le Pâturin de chaix, le Polistic des montagnes ou le Renoncule à feuilles d'aconit.

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Asplénium du Forez

Renoncule à feuilles d'aconit

La beauté sauvage de cette vallée, et les trésors naturels magnifiques qu’elle abrite, invitent à sa rencontre.

Doustre, rivière fascinante, troublante, tu déroules avec toi l’histoire dont tu fus témoin, tu enregistres déjà celle que le murmure de ton eau racontera à nos enfants.

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