Les lignes du Transcorrézien (ou plus familièrement le Tacot) furent mises en construction en 1909 par la société des Tramways départementaux de la Corrèze, et l’exploitation débuta en 1912 [2].

Le Transcorrézien fut inauguré en grandes pompes le 11 Septembre 1913 par le président de la république d’alors, Raymond Poincaré. Ce qui démontre toute l’importance qu’on lui accordait.

La décision de construire le Transcorrézien partit d’un constat évident : les cantons de La Roche-Canillac, de Lapleau, et de Neuvic souffraient d’un isolement qui leur interdisait toute perspective de développement.

Les ressources agricoles et forestières de ces cantons étaient de fait mal exploitées car difficilement exportables.

Il fut donc décidé de construire une ligne ferroviaire qui relierait Tulle à Ussel en passant par les communes de notre canton : Espagnac, La Roche-Canillac, Le Mortier-Gumond, Saint-Pardoux (Les Chemineaux), Clergoux, Marcillac la Croisille, traversant ensuite Lafage, Lapleau et Neuvic.

Itinéraire du transcorrézien [4]

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Le Tacot pendant près de 50 ans, apporta une amélioration sensible dans la vie des populations, rythmant leurs journées et permettant en particulier le développement et l’exploitation des bois et forêts en lieu et place des espaces d’élevage trop étendus. Il contribua ainsi à une radicale transformation du paysage [3].

Il permit aussi le désenclavement de dizaines de petits villages isolés en leur offrant un lien avec les grands réseaux.

Il sillonnait nos campagnes souvent tortueuses et escarpées transportant les voyageurs, des victuailles, le courrier, des matériaux, des bois d’œuvre et de chauffage, des poteaux téléphoniques, des étais pour les mines, fabriqués dans nos communes. Mais aussi des engrais, des semences, des machines agricoles qui contribuèrent à l’amélioration de la fertilité des cultures [3].

Il transforma également le comportement des gens qui trouvèrent plus de distractions à la ville, avec ses animations, ses magasins, ses marchés et foires qui se développèrent aussi dans les plus petits villages.

Il contribua par exemple à l’expansion du petit hameau du Mortier ou s’était installé dans une cabane en bois le  ”buffet de la gare ”. Il y avait même un piano mécanique et les jeunes aimaient à s'y retrouver pour boire un verre et danser.

La station du Mortier-Gumont abritait le dépôt principal et les ateliers de réparation et de maintenance du Tacot.

Du Mortier partait la ligne qui desservait La Roche-Canillac sur une distance de 4.5 km. L’exploitation en était assurée par des navettes autorail supprimées en 1939 date à laquelle cette dérivation fut donc arrêtée.

Sachez que le Tacot mettait 4H50 pour parcourir les 74 km séparant Tulle de Neuvic soit à la vitesse moyenne, quand même, de 15 km/H. Les améliorations des technologies des locomotives permirent d’effectuer ce parcours en 3h soit à une vitesse moyenne de 24 km/H.

Le Tacot franchissait le Doustre, avant la construction du barrage de la Valette, sur un étroit pont de pierre qui fut noyé sous les eaux du lac. On lui substitua alors l’actuel viaduc métallique de Lantourne construit en 1949, aujourd'hui ouvert à la circulation routière.

L’histoire du Tacot est jalonnée d’anecdotes. Un témoin de cette époque raconte que les loups qui décimaient les troupeaux de moutons et brebis au début du siècle disparurent brusquement dès le début de la construction de la ligne du Tacot. Les explosifs utilisés pour creuser la roche, les avaient effrayés et chassés de notre région [2].

Pendant les tragiques périodes des guerres de l’occupation et de la résistance le Tacot ne s’arrêta jamais. Paradoxalement c'est pendant la seconde guerre mondiale que le Tacot atteindra son apogée grâce à un trafic de voyageurs et de marchandises accru. Pendant cette période, jamais le tacot ne sera victime du moindre sabotage [4]. Après la guerre son lent déclin  le conduira irrémédiablement à sa disparition.

Le 31 Décembre 1959, le petit train accomplit son dernier voyage. Vaincu par les querelles des financiers et autres technocrates, par le progrès aussi, c’est le conseil général de la Corrèze qui prononça la sentence fatale le 3 Décembre 1958.

Le Tacot aura laissé sa marque dans l’histoire et dans les cœurs de nos anciens et même dans ceux des nouvelles générations, au point d’entamer un programme de restauration des petites gares qui subsistent encore permettant ainsi de perpétrer son souvenir [5].

Une exposition itinérante organisée par le Syndicat Mixte Des Itinéraires du Transcorrézien et du Paris-Orléans-Corréze a lieu chaque année dans les communes corréziennes [5].

Sources et Bibliographie

[1]     Site internet: Diapococagnes

[2]     Le Transcorrrézien par Gilbert Gannes, 1980. 

[3]     La Corrèze à vol d’oiseau et en zigzag par Léon Dautrement.

[4]     Les Tramways de la Corrèze, Jacques Maligne, La régordane-éditions, 1993.

[5]     Site Internet : Le Transcorrézien.

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Le Tacot sur le viaduc de Lantourne Photo C. Wagner [2].

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Gare restaurée de Saint-Pardoux la Croisille (Les Chemineaux).

 
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Vue générale gare du Mortier-Gumont, Photo C. Wagner [2]

Voie de droite: Direction La Roche-Canillac

Le Tacot traversant le bourg de Marcillac la Croisille

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Le Tacot en action en 1958 au Mortier, à Marcillac,

au pont de Lantourne et ailleurs [1]

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Essais du Tacot sur le viaduc de Lantourne (on aperçoit les 2 anciens ponts dans le fond)

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La station du Mortier-Gumont, Photo Jean Bazot [5]

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