Entouré d’une magnifique forêt d’arbres fusionnant en harmonie, le château de Pebeyre est une splendide demeure du XIIe siècle.

Une allée d’ifs en double rangée, dernier vestige d'un jardin à la française datant du XVIIe siècle, relie le château à la forêt et à la majesté de ses arbres séculaires.

Le château en hiver

Sources et Bibliographie

[1]    Le Bas-Limousin Seigneurial et Religieux, J. B. Champeval de Vyers, 1896

[2]    La Paroisse de Saint-Pardoux-la-Croisille: Notice historique de M. l'Abbé J.-B. Poulbrière notablement améliorée par Marcellin Chastanet. Brive Imprimerie Catholique ,1925.

[3]   Article de Georges Marouby publié dans le bulletin de la société scientifique historique et archéologique de la Corrèze. Tome CVIII, 1986.

[4]    Livre de raison, J. F. de Lespinasse, écrit entre 1748-1781.

[5]    Dans la symbolique héraldique les couleurs sont: L'or (jaune), l'argent (blanc), apellés métaux, de gueules (rouge), azur (bleu), sinople (vert), de sable (noir) et pourpre (violet), apellés émaux.

[6]    Pié signifie en language héraldique: posé sur ses quatre pieds.

[7]    Armé: en language héraldique: se dit des griffes du lion lorsqu'elles sont d'un autre émail (couleur) que le corps de l'animal.

[8]    Supports: ornements extérieurs de l'écu.

[9]    Le Grand Armorial de France (Blason N° 21646): H. Jougla de Morenas, R. de Warrens, 1934-1952 - Paris : Éditions héraldiques.  Cet ouvrage représente le catalogue général des armoiries des familles nobles de France.

[10]   D'après Jean-François de Lespinasse [4], le nom de Pebeyre a pris son ethymologie d'un monticule situé derrière le château, qu'on appelait en langue vulgaire pé-b-éyre, en français, puy-de-bel-air.

Le château de Pebeyre existe au moins depuis le XIIe siècle. A sa mort, en 1195, Pierre Eschafidor de la Roche fait don de l'habitation du "Manso de Pebera" et de son mobilier à l'Abbaye de Saint Martin de Tulle [1].

Pierre l’Eschamélie devint seigneur de Pebeyre lorsqu’il en fit l’acquisition en 1308. Son arrière petite fille Gaillarde de Pebeyre après avoir épousé Martin Salvan de Tulle en 1367, épousa en secondes noces Pierre Arnaud de Tulle.

Jean Arnaud de Pebeyre leur fils qui fut anobli par Louis XI en 1467 [1] fit bâtir la chapelle en 1464. La chapelle fut autorisée par le pape Sixte IV en 1481 et rendue au culte en 1873 [1]. La tour servant d’escaliers fut très probablement bâtie à la même époque [2].

Jean Arnaud de Pebeyre laissa une fille, Louise, mariée à Guillaume de la Majorie qui hérita du domaine. Ce dernier ordonna par testament le 6 Décembre 1533, sa sépulture dans le chœur de l’église de Saint-Pardoux. Il y sera rejoint plus tard par d'autres membres de la famille Arnaud puis trois membres de la famille de Lespinasse de Pebeyre.

C’est sa descendance par l’intermédiaire de Arnaud de la Majorie qui vendit le château à la famille de Lespinasse le 25 Novembre 1651 : ”noble Joseph de Lespinasse, seigneur du Pouget-Pignol en la commune d’Espagnac, conseiller du Roi et Lieutenant assesseur en l’élection de Tulle, écuyer, acquiert la terre ou seigneurerie de Pebeyre de noble Arnaud de la Majorie, aussi seigneur de Soursac” [3]. La vente comprenait le château, trois domaines, la chapelle, le pigeonnier à Pebeyre, le tombeau et le banc à l’église.

En 1756, Jean-François de Lespinasse, à la mort de son père Joseph, hérite du château du fief de Pebeyre et de plusieurs autres domaines, en vertu du droit d’ainesse au détriment de son cadet Jean-Baptiste. 

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Le château et sa chapelle

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Allée des ifs XVIIe: vue extérieure

Allée des ifs XVIIe: vue intérieure

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Le château et son parc en automne

L'entrée du château

En 1763, Jean-François de Lespinasse est assigné à comparaître devant le tribunal sénéchal de la ville de Tulle pour une sombre histoire de rentes annuelles dues pour l’ensemble du tènement du Jalais (situé entre les villages de Mensat (Mensac) et du Theil, et de l’étang Ferrier [3]). En 1764 il est condamné à payer par le tribunal, ce qu’il refusera obstinément de faire. En 1765, il est donc conduit en prison au couvent des Cordeliers non loin d’Angoulême, ou il restera 10 années emprisonné. En 1775, il rejoint enfin le château de Pebeyre ou il mourut le 19 septembre 1781.

Puis vint la tourmente de la révolution. En 1792, Jean-Joseph de Lespinasse alors propriétaire du château et émigré se fit confisquer ses biens tandis que sa femme et ses cinq enfants étaient incarcérés à la prison de Tulle. Sa sœur parvint à sauver le château qu'elle récupéra vide suite à de nombreux pillages et diverses ventes publiques.

 

Le château et les domaines se transmirent au sein de la famille de génération en génération en passant par Charles de Lespinasse de Pebeyre, préfet de la Lozère, du Lot et des Landes [2], puis son fils Roger, son petit fils Guy. Avec ce dernier mort en 1913, s’éteignit le nom de Lespinasse.

A ce jour le château appartient à la famille Faure de Pebeyre dont le lien avec la famille de Lespinasse remonte à Odette, sœur de Guy, dernier porteur du nom. Odette qui était la veuve de M. André Faure de Montgolfier.

Le château est constitué de deux corps de logis disposés en équerre et fermés par une aile côté Ouest.

La partie centrale couverte à la Mansard sur sa partie Ouest, comprend un mur de retour possédant deux ouvertures arrondies plein-cintre et terminé par une charmante tour carrée. Le corps de logis Est comprend plusieurs pièces d'habitation et possède une tour en échauguette carrée reposant sur des corbeaux de pierre sculptés. A l’angle intérieur des deux corps de logis, une tour polygonale, abritant un escalier à vis et sur laquelle trône un magnifique cadran solaire, harmonise l’architecture de la bâtisse.

L'intérieur de cet ensemble délimite une terrasse dont l'accès côté parc s'effectue par un escalier en pierre encadré de quatre pilastres.

Les toitures du château recouvertes d’ardoises et ornées de grandes cheminées et de chiens assis sont soutenues par des corbeaux sculptés.

Près du mur d’enceinte se détache un pigeonnier carré couvert d’un toit à quatre pans.

A quelques pas du château, une petite chapelle privée, qui subit les affres de l’histoire, complète cet ensemble harmonieux.

Jadis, les deux ailes latérales s’ouvraient sur un balcon de bois à balustres sculptés. La tour carrée rejoignait le château par une galerie posée sur des pilastres de bois.

On notera également que l'escalier de pierre a été déplacé. Autrefois il faisait face à l'allée des ifs.

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Les deux corps de logis

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Tour polygonale et son cadran solaire

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Partie centrale et aile Ouest

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Le château (fin du XIXe) - Artiste inconnu

Les armoiries de la famille de Lespinasse de Pebeyre ont subi des modifications au cours des âges. Le blason est décrit par Jean-François de Lespinasse dans son livre de raison [4]: "Les armes de la maison de Lespinasse sont d'or (jaune) [5], au pin, et son tertre de sinople (vert) , fruité d'or, au milieu de deux roses de même métal, cet arbre portant un écusson, aussi de sinople, dans lequel il y a un lion d'argent (blanc) couronné sur pié [6], armé [7], et lampassé de gueules (avec une langue rouge). Pour supports [8], deux hérons avec une couronne de comte ou de marquis."

Cette description diffère quelque peu de celle donnée dans le Grand Armorial de France [9]: le blason est sur fond d'or. Il comporte en son centre un pin de sinople fruité d'or portant un écusson de gueule au lion d'argent. Au chef de gueule (en sa partie haute rouge) figurent un soleil d'or accosté de 2 croissants du mesme (jaune aussi). 

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Blason de la famille de Lespinasse de Pebeyre

La photo ci-dessus représente le blason réalisé vers 1890 qui semble plus fidèle à la description donnée dans le Grand Armorial.

Le pin fruité qui symbolise la persévérance, rappelle surtout le sapin tricentenaire de Pebeyre [10] à la fois majestueux et gigantesque, qui jusqu’en 1936 fit l’admiration de plusieurs générations.

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